MY 10 MARVELOUS MADELEINES

Pour ceux qui débarqueraient, le mot « madeleine » désigne un objet que l’on aime pour le souvenir qu’il éveille en nous et le plaisir qu’on en retire. Un pur élan de nostalgie personnelle, et par extension un plaisir coupable qu’on serait bien en peine de justifier, sinon par un bête: – Ben y’aime bien moâ! Ne cherchez donc pas ici de révélations, je vais tenter juste de rendre hommage à ces « petites » œuvres parce que sans elle, il n’y aurait pas de galaxie comics telle qu’elle est. Parce qu’elles sont le ciment sur lequel on a construit les chefs d’œuvres. Je vais aussi inaugurer la méthode du compte à rebours dans ce classement afin de faire monter une pression du diable… (Hé Riton, fais monter les pressions!!   Donc…

10- FIRESTAR par Tom De Falco et Mary Wilshire

2 Ca commence fort! Firestar fut à l’origine créée pour figurer dans un dessin animé aux coté du flamboyant Spider-man. Elle eut même cette occasion son petit quart d’heure de gloire et il fut décidé de lui donner-récompense suprême- sa propre mini série de comics. Angelica Jones est une ado du Massachusetts, un peu timide, les cheveux devant les yeux, protégée dans son cocon familial avec son père, sa grand-mère et son chat. Oui c’est une sorte de Peter Parker au féminin. Sa vie va changer (y’a quand même intérêt au Massachusetts) lorsqu’elle découvrira qu’elle est une mutante pouvant provoquer des coups de chaud. Dès lors son petit quotidien va voler en éclat et comble de malbol, le professeur Xavier ne parviendra pas à la recruter à temps parce que même les plus puissants télépathes ne peuvent rien contre… les embouteillages (mouhahahahaha!!!). C’est donc sous la houlette d’Emma Frost (alors une vraie garce ennemie des X-men) qu’elle fera son apprentissage dans la vie. Autant dire que dans ce milieu hostile, la pauvre va déguster. Son parcours sera douloureux entre manipulations et premières déceptions amoureuses. Un vrai petit Shojo manga avant l’heure en somme. De plus Mary Wilshire aux crayons est une nana, chose encore assez rare dans les années 80. Cette touche féminine justement nous éloigne du récit de super-héros trop redondant, à la fois dans les canons graphiques (les anatomies sont moins exacerbées au profit d’une certaine élégance) et même dans l’histoire où le quotidien et les émois de l’héroïne prennent le pas sur les artifices fantastiques. Je vous dirais pour conclure que SMALLVILLE a tout pompé sur cette série et pis c’est tout.

 

9- SPECTACULAR SPIDER-MAN 92-96: LA SAGA DE LA REPONSE par Al Milgrom.

93 J’ai toujours adoré ces épisodes et c’est avec surprise que j’appris en me documentant, qu’ils avaient été jugés tellement mauvais, qu’on intima l’ordre à Peter David fraîchement promu scénariste de la série de rebooster la série en la rendant plus « dark » (ce qui donna naissance à « La mort de Jean Dewolff »). Bref pour restituer le truc. Spider-man vient d’obtenir son costume noir et va enfin pouvoir mettre le vieux à la lessive. Il sort avec Black Cat qui ne supporte pas son alter-ego, il doit payer son loyer, bref il est dans une mélasse pas possible comme d’habitude. La dessus débarque le vilain le plus improbable: La Réponse. rien que le nom! on apprendra qu’il est en fait commissionné par le Caïd (qui ne gâche pas vie de Daredevil uniquement) pour surveiller la partenaire de Spidey. Le Caïd en effet cherche à guérir son épouse bien-aimée plongée dans un coma et pour cela devra mettre la main sur, la Cape et L’épée (deux potes à Spider-Man). Il essaiera de aussi de récupérer un créance de Black Cat et fera face au cyborg belliqueux Silvermane. C’est un peu le bordel car le tout est bouclé en 5 épisodes. Une performance au vu des critères actuels. Mais qu’est ce que fout Spider-man a dedans? me direz-vous. Et il vous faudra demander à la réponse (les scènes de dialogues avec le Caïd, quelle poilade!) jusqu’à la scène où il doit rabibocher Spider-man légèrement fâché avec sa dulcinée pour pouvoir se venger des deux en même temps!!! Tu parles d’un plan à la con. Cultissime.

 

8- STARLORD: ANNIHILATION CONQUEST par Keith Giffen et Timothy Green II

starlord Dans la poche éditoriale « cosmique » de Marvel ont existé tout un tas de petites séries bien sympas, dont celle-ci se situant pendant l’énorme crossover ANNIHILATION CONQUEST. Starlord alors blessé est récupéré par les Krees (extraterrestres insupportables) pour une mission suicide, mais il ne sera pas seul, d’autres persos ultra secondaires alors prisonniers des Krees le suivront dans ses péripéties. Non, vous ne révez pas, c’est le scénar des Douze salopards. C’est rythmé et totalement « Bad-ass » comme on dit de nos jours. c’est rigolo parce ques des petits malins ont vu le potentiel de cette série, parce que, de mini, c’est devenu une série régulière sous le nom des Gardiens de la Galaxie, et devinez quel film de chez Marvel sortira l’an prochain sur nos écrans ? Qui aurait pu croire que Starlord, Rocket Raccoon ( un raton laveur surarmé) et un homme-arbre (sorti du Seigneur des anneaux) allaient porter un film gros budget? Ces trois briscards sont ici aidés de Mantis ( à la masse la fille), Bug (échappé des micronautes dans une version érotomane), Deathcry (guerrière Shi’ar dans le rôle de l’élément incontrolable) et Captain Universe ( complétement paumé). Ils vont s’infiltrer dans une base phalanx et tout faire péter. Simple comme bonjour. Timothy Green est un dessinateur trop rare qu’il est agréable de suivre ici, alors à l’apogée de son style.

 

7- SHE HULK de Dan Slott, Juan Bobillo et Paul Pelletier

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Le comics que je lisais à la maternité quand ma fille est née,  le truc le plus frais aussi. Dan Slott est encore un relatif inconnu quand il débarque sur cette série comme un chien fou. Miss Hulk part à la dérive, elle boit, elle drague les mecs et son pouvoir part en vrille. Rien ne va donc plus pour notre avocate émeraude. D’ailleurs c’est cet aspect de sa vie qui va la remettre à flot. Engagée comme expert dans les affaires concernant la communauté super-héroïque, elle va succéssivement faire indemniser un plaignant qui considère ses pouvoirs comme un « accident du travail », elle va aider Spider-Man à intenter un procès à Jonah Jameson (le journaliste acariâtre qui en veux à Spidey) avant de se retrouver dans gigantesque litige cosmique qui se règle selon les lois  en vigeur dans un combat de boxe à mort. Outre le coté loufoque et enlevé de l’affaire, La caractérisation des personnages est top, la continuité sert à l’auteur pour ses idées les plus biscornues et graphiquement Bobillo dépote  n’hésitant pas à donner un traitement assez personnel et grassouillet aux colosses du monde Marvel. Jennifer est donc craquante dans cette incanation toute en rondeures sensuelles.  Que du bonheur ce truc.

 

6- THE NEW WARRIORS: FOREVER YESTERDAY par Fabian Nicieza et Mark Bagley

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Fabian Nicieza est à mon sens de la même trempe que Kurt Busiek, sauf qu’il n’a jamais eu de Marvels ou d’Astro City à son CV. Il aime l’univers dans lequel il travaille, il le sert. Son amour pour les personnages secondaires et pour leur folklore transparaît dans tout ce qu’il écrit. C’est donc naturellement qu’il porta ce projet de « New Warriors » qui rassemblait justement les « oubliés » de l’univers Marvel entre Namorita, Nova, Speedball, Night Thrasher, Marvel Boy et Firestar. Il en a fait rapidement un comics solide, fun à lire où il allait pouvoir s »éclater. Dans cette saga, il ose faire un remake/hommage à « Days of the Future past » des X-Men. Le monde est en ruine et on peut observer qu’une faction de rebelles  tentent désépérement de renverser le Sphinx qui a réécrit toute la réalité selon ses désirs vingt ans avant House of M ou Age Of Ultron. C’est toujours avec un grand bonheur qu’on voit ces versions alternatives des Vengeurs « orientaux » dans ce récit pourtant très court ( une soixantiane de pages) mais diablement inventif. En mélangeant ses « petits héros » aux grandes pointures  de l’univers Marvel (Magneto, Thor-pardon Horus, Tornade , les Fantastiques), il parvient donc à leur donner une stature équivalente. Dorénavant, on devra compter avec eux.

 

5- CAPTAIN MARVEL : FIRST CONTACT Par Peter David et Chriscross

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C’est un fait, Peter David n’a jamais écrit de croûte. Ce type est un surdoué apportant avec lui un vent de modernité, d’humour, de sens du gag et de la dérision. Il peut également parfois se faire plus violent et acide, c’est un vrai touche à tout. Il revisite ici la relation Rick Jones/Captain Marvel en  y incorporant des quiproquos hallucinants. Chaque acteur traine avec lui un caractère de cochon donnant un piquant particulier à leur « cohabitation ». David excelle aussi dans ses choix de castings très riches et très réussis. De Marlo (l’ex de Rick mais qui revient) hantée par des fantomes grincheux, à Drax flatté qu’on le prenne pour Hulk, toujours à la recherche de sa fille Dragon-lune, télépathe Psycho-rigide qui elle, ne cesse de vouloir le semer, on a toute une bande joyeux drilles que la « conscience comsmique » du héros perturbent à peine. Enfin nous avons des guests à foison, Hulk, Wendigo, le Surfer,l ‘intelligence suprême, ils sont tous là, en pleine forme pour des aventures hautes en couleurs. ChrisCross est un dessinateur très charismatique affectionnant la déformation des « gueules » des ses persos. Il grimacent exhibant leurs dents, et leurs langues en secouant des chevelures de fous. On a l’impression d’assister en permanence à un concert de métal. Une lecture qui fait du bien.

 

4- EXCALIBUR: MOJO MAYHEM par Chris Claremont et Arthur Adams.

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On le sait lorsque Chris Claremont est aidé d’un dessinateur surpuissant, il est capable de sommets. Avec Alan Davis ou Arthur Adams, on est sûr de lire un truc qui bastonne.  De plus sur Excalibur, Chris nous a habitué aux concepts un peu fumés… Il introduit ici les X-Babies, sortes de doubles enfantins et complétement tarés des originaux. C’est Kitty Pryde qui ve se charger de les babysitter à travers toute l’Angleterre. C’est oublier qu’ils sont les propriétés de Mojo (un tyran vivant sur une planète où la télé réalité est devenue le mode de vie). Ils veut donc les récupérer…  C’est un plaisir de voir Claremont se parodier avec beaucoup de dérision. Il maitrise la psychologie de ses petits gnomes comme personne et n’oublie pas le passage obligé aux toilettes de tout sortie avec des petites têtes blondes.  Adams en rajoute encore une couche en leur donnant de mignons petits bidons à ces habituelles nymphettes et  des mimiques  impayables à ces héros irréprochables ( la tronche du Wolvie). c’est assez tendre dans l’ensemble mais c’est surtout très drôle. Jubilatoire.

 

3- SPIDER-MAN & THE X-MEN: SAVAGE LAND par Chris Claremont, Michael Golden, Dave Cockrum et Paul Smith.

Le royaume de ka-zar

 

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Tandy Bowen recherche son fiancé Karl Lykos perdu dans la Terre Sauvage, ilôt perdu au milieu des glaces où perdurent encore les dinosaures, les cro-magnons, les dodos, les kurdes et tout ce qui a disparu en ce bas monde.  Pour cela, elle aura recours au seul qui peut savoir ce qu’il est devenu à svoir l’ancien X-man Angel et fera fiancer l’expedition par le Daily Buggle, ce qui entraînera ce bon vieux Spider-Man en tant que photographe reporter. Evidemment, tout ça va partir en quenouille et il faudra une expedition de X-men pour dédouaner la première mission. En effet le fiancé a pas mal changé et le mal rôde autour des tribus pacifiques de ce monde vierge à la Conan Doyle.  Récit en deux parties bien distinctes, nous sommes donc dans un faux crossover ou un faux team-up au casting Pléthorique puisque l’on y croise également Ka-zar, Zabu, les néo-mutants et Sauron. Quel souvenir traumatisant que cette « machine à regresser » transformant notre brave tisseur en véritable monstre à huit yeux ou ces adorables jeunes femmes en affreuses créatures simiesques se partageant un lézard. C’est mon premier X-Men, c’est par ce bouquin que tout a sans doute commencé.

 

2- HULK AND THE THING: THE BIG CHANGE par Jim Starlin et Berni Wrighston.

hulk et la chose

Mais qu’est ce qui a bien pu arriver à Jim Starlin et Berni sur ce graphic novel? Un abus de crack? un pari perdu? En le lisant, vous aurez du mal à croire que c’est la même équipe artistique qui a accouché du très malsain Batman: The Cult (Enfer Blanc en VF). Non ici, les deux compères lancent les deux béhémoths Marveliens dans une quête dans l’espace complétement absurde, ou Hulk transforme une pieuvre en chapeau seyant avant de philosopher sur le ragoût de mouton. On ne poura jamais oublier cette réplique:

La chose: Hulk, ce trodu insulte ta mère, il te traite de communiste, de rouge!

Hulk: Non, pas rouge! Hulk Vert!!!

Le tout se terminera en queue de poisson quelques pages plus loin dans une ambiance des plus rigolardes!  Malgré cela , Wrighston nous ravit une fois encore avec son bestiaire grotesque magnifiquement rendu, son art de la lumière et des ombres. Le resutlat nous donne donc Hulk et la Chose bourrés dans une farce en plein milieu d’un conte de la crypte… Bizarre, oublié aujourd’hui et pourtant le comics, c’est aussi ça et c’est bon!

 

1- NIGHTCRAWLER par Dave Cockrum

nightcrawler

Cela pouvait se deviner, Dave Cockrum devait se sentir à l’étroit chez les X-Men. Il emmène donc son personnage fétiche à travers un voyage délirant à cheval entre le Septième voyage de Sinbad et les Monthy Python. Diablo tombe par mégarde dans un puits transidmentionnel et se trouve embarqué dans une histoire emplie de sorcellerie, de princesses à sauver, de pirates des airs, de dragons hargneux et des créatures pour le moins supectes: les boggies auxquels notre ami ressemble étrangement. L’auteur s’en donne à coeur joie entre décors de dingues et  duels au sabre, il s’amuse sans pour autant sacrifier à une narration toujours fluide et invisible ce qui est l’art des grands conteurs. Puis virage à 90 degrés et nous voilà transporté dans un autre monde où les X-Men possèdent des doubles pour le moins pitorresques (ceux du fameux conte de Kitty Pryde). Les dialogues percutent , les situations sont hilarantes et la lecture est jouissive.  Nous retrouvons donc les Bamfs, peuple de Diablos miniatures dont l’auteur se sert pour se moquer vaguement des Schtroumpfs. Ce sont des petits hommes bleus vivant entre mecs dans des racines géantes en forêt. On y trouve même une réponse quant à l’absence de femmes dans le village.  Ce bouquin est superbement dessiné, bien foutu, très drôle et sans doute mon meilleur souvenir de comics de ma jeunesse. Aujou’d’hui, je n’attends qu’une chose: le futur titre que Jason Aaron annonce, le retour du vrai Diablo,histoire que l’esprit de Monsieur Cockrum puisse revenir un peu également.

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Eddy Écrit par :

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