LES TITRES A LIRE AU COIN DU FEU (PARTIE 3)

Dans cette liste se rangent les albums ou séries que je lis volontiers de bon coeur avec un plaisir toujours renouvelé. Ils ne sont pas révolutionnaires mais possèdent généralement une solide qualité graphique et une narration carrée. Généralement ça ne suffit pas pour obtenir un prix dans quelque festival que ce soit, alors j’ai décidé de les saluer ici.

300.jpgCobraTheSpacePirate5_15122007_220630.jpgNickyLarson3_09112003.jpgSpirale1_15072004.jpgadeleblancsec01couv.jpgcomanche09couv.jpginnommablespremieresmaquettesintegrale.jpgsoda01r.jpgspidermanultimate01couv.jpg

300 (Franck Miller-Lynn Varley/Vertige graphique): Quel bonheur! d’un coté 300 soldats grecs et de l’autre 15 millions de salopards! Voilà un bel écrin au format italien (en longueur) pour nous raconter la bataille des Thermopyles. La narration emphatique à souhait souligne le coté épique et hollywoodien d’ une aventure humaine pleine d’excès. le graphisme donne aux silhouettes le coté caricatural nécessaire pour incarner plus des figures emplies de grandeur et de démesure que des personnages historiques. Xerxes couvert de bijou n’est plus que l’idée du tyran mégalomane. Comme d’habitude Miller découpe savamment ses planches jusqu’à atteindre une perfection rare dans le monde du 9e art. on voit bien l’élève appliqué de Will Eisner qui a mûri sa propre oeuvre en y injectant ses propres obsessions. Violent et instinctif, Miller icarne le meilleur de l’école américaine: Drame, action, grande phrases (ici empruntés à Hérodote) et efficacité d’un langage hérité du journalisme. Une réplique: Le Perse: « Cent nations s’abattront sur vous! Nos flèches masquerons le soleil ! » Le Grec:  » Alors, nous combattrons à l’ombre! »

COBRA (Buichi Terasawa/Taifu): Normalement je n’aurais pas du mettre Cobra dans ma liste puisque je ne le lis que depuis très peu de temps. Mais Cobra et son univers incarne tout ce que j’aime dans la science fiction (fantasy) en général. Nous avons des sociétés étranges sur des planètes lointaines et dangereuses emplies d’une faune et d’une flore pour le coup dépaysantes. Le souffle de l’aventure commun aux récits de piraterie et aux westerns articule les chapitres de la vie de notre héros toujours en mouvement que ce soit en fuite d’un ennemi, à la recherche d’un trésor galactique fabuleux ou encore dans un mission vengeresse. Cobra est bien moins un manga qu’un authentique « Pulp » qui nous replonge dans l’ambiance des vieilles nouvelles des magazines comme « Astounding stories » Ou « Unknown » (Je renvoie là, le lecteur aux recueils compilés amoureusement par Jacques Sadoul aux éditions J’ai Lu.) Le héros comme les figures anciennes des bandes dessinées, est exceptionnellement doué et indestructible avec son arme unique au monde, et il est entouré de tout un aréopage de jeunes femmes très sexy, ce qui lui permet de tomber amoureux à chaque aventure. un pur divertissement qui puise ses racines plus loin qu’il n’y paraît au premier abord. Une réplique: Utopia: Regarde Cobra c’est magnifique! Cobra: C’est une nouvelle galaxie, nous assistons à la naissance d’un nouvel univers.

CITYHUNTER ( Tsukasa Hojo/J’ai lu-Panini): Je pourrais dire la même chose de City Hunter que de Cobra à ceci près que c’est l’univers du Polar qui est cette fois illustré. Ryo Saeba, le City Hunter est le meilleur tueur à gages (nettoyeur) du monde entier. Ne cherchez pas chez vous, c’est pas la peine! Il est aussi obsédé sexuel et beau parleur que possible et pour finir il a une énôôôrme b…. Alors me direz vous comment cette bd qui a l’air bien vulgaire et bas de plaf’ est elle un must d’humour et de bonne humeur? Grâce aux femmes! La femme dans ce manga est magnifiée comme rarement dans une bd. Souvent, les femmes(les clientes) de cityhunter veulent prendre en main leurs vies, forcer leurs destins, tentent de changer le monde. Bien que physiquement semblables, le panel très large de leurs émotions les rend incroyablement uniques, séduisantes et touchantes. Le talent multifacette de Hôjô est de mélanger l’humour le plus gras à l’émotion la plus poignante dans une intrigue policière qui hérite autant du thriller que du récit de samouraï. Parce qu’enfin voilà la vraie nature du Cityhunter et d’Umibozu: des Ronins avec des flingues! Ils se sont même rencontrés dans leur jeunesse au service de « maîtres » différents avant de partir en solitaires chacun de son coté. Un drôle de drame se déroule donc sous les yeux des lecteurs, une aventure d’hommes où l’amitié et sens de l’honneur sont observés par des femmes qui ont repris leur place dans le coeur de l’intrigue: la première! Le tout avec la banane s’il vous plaît. Une réplique: Ce ne sont pas des « arrière-pensées » puis que je ne les cache pas, ce sont des « devant pensées »! Je sus un dragueur très honnête!

SPIRALE (Jjunji Itô/Tonkam): Généralement on lit pas tous les jours les bds horrifiques parce qu’elles sont souvent bien dégueulasses et gores, mais je connais Spirale presque par coeur. Le visuel est d’entrée si impressionnant qu’il en est inoubliable. En effet les hommes-limaces, le gamin-ressort ou les obsessions des villageois sont tout bonnement traumatisantes. le charme est vénéneux, on est d’abord dérouté par l’intrigue principale (les habitants d’un village au bord d’un lac japonais sont subitement sous l’envoûtement de la spirale) puis on est impressionné par la direction que prend l’histoire (des foetus bouffent leurs mères, les maisons mêmes finissent par prendre la forme d’une seule et gigantesque spirale) pour enfin être dévasté par une conclusion aberrante (la vraie nature du village). A l’instar du motif qu’il représente, ce bouquin vous scotche aux pages comme le fait un bon Serge Brussolo. En effet comme dans les romans de ce dernier, les idées sont essorées jusqu’au bout de leurs possibilités. le délire baroque semble être sans fin et donne rapidement une sensation de vertige en même temps qu’une admiration pour un tel déploiement d’imagination. Ainsi Spirale loin d’être une « croûte »remplies d’effets gratuits nous emmène dans une dimension cauchemardesque à la limite de la folie sans oublier une forme d’esthétique fouillée rappelant parfois les vieilles planches d’anatomies de la renaissance. Laissez vous perdre par la spirale! Une réplique: S’appercevant que ses empreintes digitales étaient des spirales, elle se taillada les doigts!

ADELE BLANC-SEC (Jacques Tardi/Casterman): Jacques Tardi incarne deux choses pour moi. D’abord Paris, et oui Tardi est le Robert Doisneau de la bande dessinée. il peint un Paris se documentant très précisément afin de lui donner une dimension mystérieuse, populaire et incroyablement vivante. Que ce soit Dans Nestor Burma, Le Cri du peuple ou encore ici, la capitale devient un personnage à part entière, presque la narratrice… Enfin, Tardi c’est l’anarchisme revenu à sa source première. Un révolte contre ce qui a été établi pour nous pour finalement nous apporter que de la douleur. une colère contre tous ces véhicules de haines que sont l’État, la religion, et l’armée qui les défend. Souvenez vous du jour le plus important de votre adolescence. Celui où vous avez compris que vos parents nous vous éduquaient pas pour influer sur la société, mais afin que vous puissiez prendre leur fardeau de leurs épaules épuisées et vous éreinter à votre tour face à ce monstre sans visage qu’est l’écosystème humain. C’est sûr je m’emporte parce qu’Adèle Blanc-sec ne contient tout ça qu’en filigranne dans une grande histoire parisienne un peu absurde aux parfums « Steampunk » avant l’heure. Adèle est écrivain et impliquée dans son époque, ce qui lui faire rencontrer tout un tas de savants fous, d’hommes singes romantiques, de comédiennes acariâtres, des flics ripoux et même une momie égyptienne protectrice. Cet univers fourre tout du début de XXième siècle est fort distrayant complètement personnel et demeure un ovni tout à fait abordable de par son parti pris populaire. un régal pour les esprits avides de libertés…. Une réplique: On m’a appris que les américains n’étaient que des gardiens de vaches…Étant donné que les français sont des veaux, ils ont désignés leurs maîtres. (Le noyé à deux têtes)

COMMANCHE (Greg-Hermann/Le Lombard): Bizarrement dans le domaine du Western ce ne sont pas les ricains qui tiennent la palme des meilleures bd. en effet ils ne peuvent s’empêcher d’y coller des justiciers masqués ce qui dénature le sujet, les japonais n’en parlons pas. En revanche les années soixante/soixante-dix virent la naissance de plusieurs bandes écrites par des fanboys nourris pendant leurs enfances aux John Wayne. Parmi eux on a coutume de garder Blueberry pour mémoire comme si l’arbre pouvait cacher la forêt. Pour ma part je préfère de loin les aventures de Red Dust parce que j’ai toujours adoré les histoires de pistoléros en cache poussière. Red dust est une ancienne « gâchette » reconvertie en bon contremaître du ranch » « triple six » sous la régence de la propriétaire Commanche en question. Ils vont avoir affaire à des bandes organisées, des rebellions indiennes, avocats véreux et autres personnages pittoresques du grand Ouest. Greg le dialoguiste multifacette (Achile Talon) fait briller la bagout des desperados dont les trognes sont superbement croquées par un Hermann en perpétuel progrès. Les intrigues souvent fluides et concises sont autant de petits films dignes de l’âge d’or du Western et atteignent un sommet dans le huis clos d’une ville assiégée par des tueurs qui se feront descendre par un commando de shérifs dont fait parti Dust (Les Shérifs). Une réplique: L’homme qui place des cartes en château avec cettre précision là ne s’amuse pas. Je parie que vous l’avez souvent vu s’y livrer, à l’un des meilleurs exercices des « pistoleros » mexicains! (Le doigt du diable)

LES INNOMABLES ( Yann-Conrad/Dargaud): Pas de publicité mensongère pour cette série. les personnages n’ont aucune morale (à peine Mac et encore…) et ça fait du bien. L’histoire est étrange: Mac est un gros proxénète à hong-kong fier de son bide, il a pour ami Tim, un nain roux débile et assez violent et Tony philosophe cynique et misogyne. en 1949 en plein débâcle colonisatrice et révolution communiste, Mac au cours de ses traffics va tomber amoureux d’Alix espionne chinoise à la solde de Mao. Il va attirer toutes sorte d’ennemis sur lui et sur sa promise qui attise la haine de la maquerelle des « hôtesses » du « claque » de Mac. Un tueur japonais pervers va aussi les poursuivre et laisser de cadavres un peu partout. Malgré cela, la multiplicité des personnages et de leurs histoires secondaires rendent le tout malheureusement assez confus. s’en dégage alors le ton politiquement incorrect, qui tout en incitant au voyage en présentant un creuset de populations, donne un coté pile aux Cortos et aux Tintins auxquels nous étions jusque là habitués. Avec un autre genre de graphisme, Les innommables n’auraient pas détonné dans le catalogue Vertigo aux cotés de Preacher. Le coté américain également présent dans le découpage des scènes d’actions a jadis été flagrant sur les anciennes couvertures pleines de slogans ou d’effets d’annonce (Album en odorama, huit cases puantes ou encore: Deux fins pour cet album, une triste, une heureuse). Bref un ovni au pays de Spirou et un délice pour sales gosses. Une réplique: Sniff c’est parce que je suis nègre que Bouddha est contre moi.

SODA (Philippe Tome-Warnants-Bruno Gazzotti/Dupuis): Pour préserver la santé précaire de sa mère cardiaque, un filc new-yorkais tendance Clint Eastwood se fait passer auprès d’elle pour un paisible pasteur. Sur ce concept de base assez rigolo, Soda va donc en compagnie souvent de la jolie fliquette Tchaïkowski règler des enquêtes ploicières musclées et pour a plupart assez glauques. Les rhytmes sont assez infernaux et très nerveux et font penser à certains thrillers urbains comme les Dirty Harry. Comme quoi on peut raconter ce qu’on eut avec un graphisme à la Franquin. un vrai pide de nez aux oeuvres orthonormées. Parce que, il faut l’avouer Soda est vachement mieux racontée que la moyenne des bd policière sur le marché et le talent de Tomé explose littéralement. Chaque tome autoconclusif a la structure d’un petit film d’un épisode d’une série télé. La vision de New York, les nombreux personnages secondaires et les situatons cocasses qu’ils occasionnent, offrent une épaisseur venant contrebalancer le coté sombre et sordide des énigmes. Les dialogues sans ostentation font mouche à chaque fois et achèvent de rendre chaque tome comme un petit bijou très fignolé. La lecture est donc un vrai plaisir comme peu de séries peuvent l’offrir avec un standard de qualité élévé et régulier. Soda est méconnu il faut remédier à cela. une réplique: Vous connaissez la différence entre un pro et un amateur, mister M…? Les amateurs ne travaillent pas seulement pour de l’argent. (Coup de feu) . Dans Tuez en paix.

ULTIMATE SPIDER-MAN (Brian Bendis-Mark Bagley/Panini): Qu’est-ce qu’un super-héros? c’est un gamin qui après une experience traumatisante se retrouve affublé de super-pouvoirs extraordinaires. Il décide d’en faire usage pour le bien de l’humanité d’aider la justice. Spider-Man est tout cela. Si on y réfléchit ce concept est révolutionnaire. Les responsables de Marvel le savent et ont mis les petits plats dans les grands quand il s’est agit de refaire une série pour de nouveaux lecteurs. Nécéssaire? Absolument pas mais terriblement jouissif. En effet Brian Bendis et Mark Bagley sont deux ouvriers conciencieux de leur travail. Ils ont réussi à rester longtemps et à donner au titre une stabilité qu’on ne pensait plus possible dans les comics d’aujourd »hui (Ils ont battu le record de Lee/Kirby sur Fantastic Four de 102 épisodes d’affilé). L’avantage qu’a Bendis sur ses prédécesseurs, c’est qu’il n’imporvise pas et il peut ménager ses effets très longtemps à l’avance. Et puis avouons le, « Ultimate » est bien mieux écrit que l’original et même avec tout le respect que nous lui devons. Le plaisr de lecture est immense, les situations souvent très fun, et les dialogues savoureux. Très loin de trahir l’esprit d’origine, « Ultimate » réinvente l’oncle Ben pour rendre sa mort encore plus chocante pour notre héros, les autres personnages subissent également le même traitement de jouvance qui ouvre vraiment la possibilité au plublic non initié à la science du comic-book de pouvoir passer le même agréable moment que les autres, rompus aux univers remplis de mutants. Une réplique: Oncle Ben: Ton père avait une phlosophie:Ne te sous-estime pas! De grandes choses t’arriverons dans la vie Peter. Et elles impliqueront de grandes Responsabilités, tu comprends? Peter: S’il était si futé…Alors Où est-ce qu’il est ?!

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Eddy Écrit par :

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