LES COUPS DE COEUR 2007(PARTIE 2)

tigresseblanche03.jpgmurena05.jpgYotsuba2_14102006.jpgYLeDernierHomme5_23082007_195439.jpgNextwave1_27042007.jpgDeathNote01.jpgDragonFall5_17022007.jpgFables2_01102004.jpg

TIGRESSE BLANCHE (Yann-Conrad-Wilbur/Dargaud): C’est la récente « préquelle » des Innomables. Dans une Chine en pleine révolution communiste, une « mouche qui pique » (assassin) nommée Alix est chargée de missions le plus périlleuses. Comme d’habitude chez ces auteurs, le climat historique réaliste et ironique donne la « la » pour une ambiance de film noir mélangé au Kung-fu de ceux de la Shaw brothers. La mise en scène et la chorégraphie des combats sont empruntées aux vieux comics comme Daredevil achevant de faire d’Alix un avatar d’Elektra franco-belge tout en charme et en armes blanches. Bien sûr la morale est mise de coté, mais c’est pour notre plus grand plaisir n’est ce pas ? Une réplique: Quand une tigresse est contente, elle ne griffe pas!

MURENA (Dufaux-Delaby/Dargaud): Une fresque historique se passant dans l’empire romain, voilà qui est attirant pour ceux qui aime l’antiquité. Doté d’une solide documentation historique basée sur les écrits classiques de Sénéque ou Suétone aussi bien que sur les études les plus récentes, Muréna narre le règne de Néron, celui sur qui on dit tout et n’importe quoi. Le talent de Dufaux consiste comme d’habitude à décrire le coté sombre et sordide de la psyché de ses personnages. Ici pourtant, il met de la lumière et de l’humanité dans chaque geste, même dur, même cruel. L’empathie pour Néron est flagrante jusqu’à rendre justifiable les actes qu’il commet par l’injustifiable carcan que la société romaine exerçait sur lui. Les illustrations et les couleurs magnifiques enluminent cette fresque par leurs précisions et leurs rigueurs à peindre une Rome légendaire. Citation: La vie n’est qu’une pièce de théâtre: ce qui compte ce n’est pas qu’elle dure longtemps, mais qu’elle soit bien jouée (Sénèque)

YOTSUBA & (Kiyohiko Azuma/ Kurokawa): Voilà la révélation de l’année à mon sens. Une vraie bouffée d’oxygène et de bonheur en ces temps troublés. a l’heure où nos coeurs aigris se racornissent à la vision de l’horreur banalisée. Au moment où les préjugés « mangas= sexe+violence » perdurent, Yotsuba écrase tout ça sous les pneus de sa bicyclette. cette gamine à la tête de trèfle à quatre feuilles (auquel elle doit son nom d’ailleurs) répand la bonne humeur, le peps et le joie de vivre autour d’elle dans une tempête de jeux d’enfants tous plus délirants les uns que les autres. Imaginez que toute méchanceté soit un jour éradiquée de la surface de la planète! Non ce n’est pas le concept le plus ambitieux de la science-fiction actuelle, c’est Yotsuba! Mais cette bd n’est pas seulement une collection d’aventures enfantines survitaminées, c’est également un regard attendri d’ adulte posé en plongée ou en arrière sur l’enfance et ses merveilles. C’est un regard de parent, de grande soeur, de cousin un regard sur sa propre enfance. un regard en arrière. quels adultes voulions nous devenir? Les quels sommes nous devenus? Mais trêve de réflexions mélancoliques car tel n’est pas le propos de Yotsuba qui nous offre la vision d’un monde débarrassé de la cruauté, un monde magnifique ou chaque coin de rue recèle une aventure incroyable. la vision que allons donner à nos propres enfants! et c’est un manga les gars! Une réplique: Jumbo« C’était comment la vengeance ? »Yostuba: « Je suis morte! » Son père: « Tu vois, ça rapporte rien! »

Y LE DERNIER HOMME (Brian K. Vaugan-Pia Guerra/Semic-Panini) Un scénario solide de bonne science-fiction comme on l’aime. A la suite d’un événement X, tous les hommes de la planète terre meurent en même temps. virus? magie ? châtiment divin? chacun a sa théorie la dessus. Tous les hommes ? en fait il en reste un, un seul! très perdu dans un monde laissé aux femmes. L’intelligence du scénario réside dans le fait qu’il n’est absolument pas politique mais bien axé sur les diverses possibilités du contexte. L’autre force de l’histoire sont les personnages très bien écrits, très humains sans aucun parti pris. là encore on trouve pas de caricature ni ce complaisance. Là où un scénariste pourri tomberait dans le  » chouette! toutes les nanas pour moi tous seul! », Vaughan lui, peint une humanité désemparée qui cherche à perdurer malgré tout. Quant au « héros » Yorick il cherche sa fiancée à l’autre bout de la terre, et si vous connaissiez la raison de sa survie… En tout cas ça m’a bien fait marrer! Une réplique: On débarque en ville, on cause un maximum de dégâts et on disparaît…comme un concert de Kiss.

NEXTWAVE (Warren Ellis-Stuart Immonnen/Panini) Conçue comme une petite bombe rock n’roll, Nextwave est une véritable variation décomplexée sur le thème des super-héros. Ellis voulait réduire à son minimum vital l’intrigue pour mieux expulser au grand jour l’essence de cette mythologie chamarrée. C’est réussi, c’est concentré façon « pulco » mais tout y est pour les plus grand plaisir des petits et des grands. Entre despotes loufoques, héros barrés, concepts sous acide (les hommes brocolis!!) et scénarios au second degré, les explosions en tout genre rythment les missions de cette anti-équipe de super losers qui découvre que son employeur est véreux pour avoir vendu un tas d’armes super-technologiques aux super-salauds de la terre entière. Évidemment ce dernier ne peut pas les laisser courir comme ça dans la nature. Quand Ellis s’amuse et fait du mauvais esprit, c’est lui le meilleur! Immonen adopte un style faussement simple et cartoony pour encore ajouter aux couleurs chatoyantes de ce brûlot tout droit sorti du four. ADRENALINE! Une réplique: Placez les chiots atomiques dans les tubes à torpilles! Yap Yap Bang!

DEATH NOTE (Tsugumi Ohba-Takeshi Obata/Kana): LE gros buzz du moment. Le Death note est un journal dans lequel on peut inscrire les noms des personnes qu’on souhaite voir mourir. C’est sur ce canevas ma foi très simple que l’auteur va inventer tout un tas de rebondissement tous les plus capillo-tractés les une que les autres. En effet deux intelligences supérieures(le criminel et le détective) vont s’affronter dans une enquête policière aux péripéties insensées. Si parfois le coté grotesque et invraisemblable des raisonnements des deux protagonistes deviennent un peu trop pesants et répétitifs au cours de l’intrigue, les paris osés et les idées novatrices de l’auteur redonnent le coup de fouet nécessaire au lecteur pour ne pas décrocher. Ce manga peut aussi compter sur un graphisme irréprochable et sur le charisme des personnages qui même s’ils sont inhumains restent proche de nous. Après tout que ferions nous avec ce cahier quand on voit tout ce qui se passe dans notre monde? Il serait aisé de donner des leçons. Enfin les dieux de la mort sont fascinants et participent à l’originalité de l’affaire. Ils sont en dehors des affaires humaines, et semblent s’amuser de la situation. Ils sont de vrais spectateurs et par là même la vraie interface du lecteur. Mais ne sont ils pas d’anciens possesseurs humains du Death Note? voilà l’une des nombreuses questions que je me pose…Vivement les réponses! Une réplique: Celui qui s’est servi du Death Note ne doit pas s’attendre d’aller au paradis ni en enfer!

DRAGON FALL (Nacho Fernandez-Alvarro Lopez/Tengai) Quand on a commencé à faire des BDs, Flo et moi déchirions tous l’univers des comics Marvel en transposant tout en Belgique dans une série appelée Division Flandria. Loin d’être édités et donc uniquement pour le plaisir de faire des blagues scato-potaches, nous ne reculions devant rien, aucun tabou ne résistait et on riait à l’avance de la prochaine horreur que nous allions écrire. rien que d’écrire c’es lignes, j’ai encore la nostalgie de notre insouciance. Et bien Dragon Fall, c’est exactement ça! Ca ne vole peut-être pas très haut mais j’ai explosé de rire devant l’aspect: »Tire sur tout ce qui bouge ». Les deux espanches qui ont fait ce délire ont une pêche d’enfer pour mélanger les super héros, les mangas de Toriyama et ceux de Shirow ou Kishiro sans oublier Star Wars et Daffy Duck en stormtroopers. Ils alignent les blasphèmes pour fanboys et je me bidonne tout en fourbissant secrètement mes armes. Hé les Gars ! Flo et moi, on n’a pas dit notre dernier mot! Une réplique: Trikrilin: « Je reçois une communication en direct de l’au delà! » Wilma: « C’est ça et moi je fais des diagnostics en rotant! »

FABLES (Bill Willingham-Lan medina-Mark buckingham/Semic-Panini) Une vraie merveille. un pur bijou qui apporte du plaisir dans sa lecture. Mais comment raconter Fables sans inévitablement conduire au malentendu? Le monde des contes et des légendes est forcé près une guerre de se déverser dans le notre en formant une société parallèle adoptant notre mode de vie. Ainsi tous les personnages de nos enfance sont re-visités d’une manière satirique. Pour vous donner une idée, certains concepts se rapprochent du dessin animé Schreck sans pourtant en emprunter ne serait-ce qu’un gag. Mais les intentions des auteurs sont similaires. Dans Fables Le grand méchant loup est un détective qui poursuit Boucle d’or devenue terroriste, tout en étant obligé d’abriter un des petits cochons parce que je cite: « t’as bousillé ma baraque, mec! » Heureusement toute l’histoire ne s’articule pas sur les vannes que les contes peuvent subir. loin de là, les habitants de Fableville cherchent à fuir, tout en se regroupant afn de vaincre l’Ennemi qui les a vaincu jusqu’ici. Le talent de Willingham est ici entre autre de pouvoir rapporter énormément de réferences aux contes parfois obscures sans donner l’imperssion de « ramener sa science ». Les personnages sont interressants, les histoires bien trouvées et très bien rhytmées et puis pour la première fois depuis 25 ans, je suis retombé amoureux de Blanche-Neige! Une réplique: Boucle d’or: « Vous croyez je partage ton lit parce qu’il est à ma taille ? Petit ours: « Non, mais parce que Petit ours à son papa est monté comme un…

Et encore d’autre espoirs pour 2008: SCHOOL RUMBLE sorte de « collège fou,foufou mais en bien (dixit Flo), WILDERNESS un road movie plein de fusillades jouissives, WORLD WAR HULK( rien que le nom), MALIKI webcomics doux/amer, GODLAND hommage appuyé à Jack Kirby, TRANQUILLITY une histoire dans une maison de retraite pour super héros, REDSONJA pour le retour de l’heroic Fantasy bourrine, GIN TAMA (l’histoire de Kenshin mais avec des aliens), etc….

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Eddy Écrit par :

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