LES BD TROP BIENS,QU’ON LIT JAMAIS

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LA TRILOGIE NIKOPOL (Enki Bilal/Les humanoïdes associés): Paris dans le futur est devenue la capitale d’un pays fasciste dont les habitants ne parlent plus que pour exprimer des besoins élémentaires, dans un français désastreux. La première chose qui nous frappe, c’est: Waou! Ce Bilal, quel visionnaire! Ensuite, il nous balance son esthétique très personnelle dès le premier album, tout à fait naturellement. C’est un curieux mélange de cosmétique très pâle et de crasse grise permanente. Devenu une marque de fabrique par la suite, son graphisme s’impose au scénario qui tout en étant assez frondeur, n’est pas non plus un summum de finesse. Jugez plutôt: Un cosmonaute placé en animation suspendue dans l’espace se réveille dans un avenir sombre et décadent. Là, un dieu égyptien veut se servir de son corps pour échapper aux siens pour ce qui paraît être un caprice. Ensemble, ils vont faire tomber un régime totalitaire et favoriser un autre à la place. Nikopol va dans le deuxième volet originalement intitulé « La femme Piège » tomber amoureux d’une paumée et la sauver des somnifères dans une aventure d’avantage orientée vers le polar (dont l’une des particularité est de contenir une fausse page d’un numéro de l’Humanité pour expliquer les changements entre les deux volets), pour finalement retrouver son fils avec le dieu Horus dans une ambiance très farniente. L’aspect très hétéroclite de l’ensemble est sûrement dû au fait que ce n’était pas prévu pour être une trilogie, et que conçue sur une longue période de créativité, l’humeur passe allégrement de la hard-science débridée et naïve (dans laquelle se voit encore une influence « Hergé » dans la description de la dictature semblable à la Bordurie de « L’Affaire Tournesol »), au « film noir » glauque pour aboutir aux tendances « auteurisantes » et intellectuelles d’un Bilal en pleine possession de son art. D’un graphisme inoubliable et unique sur une histoire qui brode une atmosphère résolument à part, La trilogie Nikopol s’avère être une lecture indispensable pour tout bédéphile. Et c’est avec conscience, que je remplis mon devoir aujourd’hui de vous en parler. Une réplique: Écoutez…A défaut d’immortalité, je me contenterais d’une simple prolongation de deux ou trois siècles…

NAUSICAÄ DE LA VALLEE DU VENT ( Hayao Miyazaki/Glénat): Le genre du post-apocalyptique vise souvent à démontrer que la folie des hommes les amènera à régresser tôt ou tard. Mais sorti de là, le contexte est rarement développé. Ici Miyazaki Réinvente le genre en élaborant un univers très complexe. ce qui frappe d’abord: l’Écosystème. Toute la faune et la flore sont recréées à la fois avec une rigueur de quasi biologiste et la folie d’un Caza ou d’un Moebius. Je cite ces derniers à dessein car ils font parti des influences de l’auteur qui ne se cache absolument pas de son admiration pour ces grands maîtres. Viennent derrière les sociétés humaines qui tout en ayant évolué depuis un stade relativement proche des nôtres, sont repartis vers un système tribal à l’intérieur de grands empires au fonctionnement féodal et aux religions louchant vers l’animisme des premiers jours. Une fois le décor et le climat plantés, l’intrigue se révèle être très élaborée avec de multiples rebondissements à la fois politiques ou héroïques mettant en scène une pléthore de protagonistes aux motivations diverses dans ce maelström d’événements. Pour résumer, deux empires se font la guerre dans une terre que l’industrie a totalement ravagé au point d’ne déformer définitivement les climats, les faunes et les flores jusqu’à en devenir presque inhabitables pour l’homme. Ils ont pour cela besoin des anciennes armes qui était pour le moins destructrices puisqu’elles ont l’effet qu’on leurs connaît Nausicäa à cause d’une ancienne allégeance est obligée de partir à la guerre afin d’éviter un sort funeste à son village protégé des vapeurs toxiques par de forts vents marins. elle ne ve pas l’entendre de cette oreille. Car voilà là où Miyazaki se retrouve pleinement au delà des idéaux écologiques, il retrouve son personnage fétiche, véritable fil rouge dans tous ses films: Son héroïne: une femme qu’il magnifie: Bellle, intelligente, elle pardonne et redonne vie autour d’elle. Elle personnifie l’amour, elle cristallise l’énergie positive des hommes et entraîne derrière elle telle une comète, tous ceux qui retrouvant l’espoir, auront enfin le courage de changer leur destin. La femme chez Miyazaki est une figure christique (sans la notion morbide de sacrifice)qui a le pouvoir de purifier nos âmes torturées. Une réplique:Une haine terrifiante dort en moi, qui échappe à mon propre contrôle. Je comprends maintenant les sentiments de L’Ômu, après avoir tué poussé par la rage, il pleure.

MONSTER (Naoki Kurasawa/Kana): Logiquement, j’aurais dû plutôt sélectionner TWENTIETH CENTURY BOYS du même auteur qui est sans doute supérieur à MONSTER à tout point de vue. Que ce soit dans le thème ou la trame « 20th… » ne cesse de surprendre par son audace et son inventivité, mais Monster n’est pas moins remarquable, il est plus sobre. Le propos nécessite une rigueur et une documentation solide. Un brillant neurochirurgien sacrifie un jour sa carrière en choisissant de sauver un petit garçon plutôt qu’un politicien en vue et tombe subitement dans une diabolique machination qui l’entraînera à traîner les routes pendant des années, accusé de meurtre. A t il le jour fatidique de l’opération choisi de sauver la « bonne » personne? Le docteur Tenma est un héros attachant qui sans être démissionnaire ne maitrise pas du tout les règles du jeu. Moins attaché à se disculper, qu’à sauver les âmes des autres, il parcourt l’Allemagne moderne en compagnie d’un enfant et de la jumelle du gamin qu’il sauva tantôt, dans une quête pour la vérité qui n’épargnera personne. Le tempo est scandé par le policier, sorte de Javert moderne, qui le poursuit inlassablement. Un fait notable pour un manga, l’intrigue se déroule hors du Japon et s’offre une documentation discrète (aucune erreur d’allemand n’est détectée et il y a même du tchèque), progressive et pourtant indéniable. Si on subit les clichés sur les Néo-nazis, le spectre du communisme, l’immigration turque au début (par la suite la documentation devient plus sérieuse), l’auteur se sert habilement de tout ingrédient qui pourra servir efficacement son intrigue et finit par éviter tout manichéïsme par trop nauséabond. J’en arrive au point fort de « Monster », les descriptions des personnages même secondaires sont magnifiquement écrites avec une affection et une humanité qui touche le lecteur plus souvent qu’à son tour. Mention spéciale pour Eva la « Fiancée de Tenma », une garce bourgeoise et superficielle mais si vraie et si belle. A mon humble avis faire tenir une intrigue avec autant de ramifications tout en restant clair dans sa narration sur 18 tomes, sans baisse de régime ni de qualité tient du tour de force qu’accomplit Urasawa avec brio. c’est pour cette raison que j’ai préféré privilégier ce titre là plutôt que son suivant encore meilleur. C’est dire… Une réplique: Quand J’ai repris connaissance, c’est ce que vous disiez: Vous les haïssiez au point de vouloir leur mort. Je n’ai fait qu’obeïr à votre attente.

MARVELS (Kurt Busiek-Alex Ross/Panini): Le chef d’oeuvre qui parle au coeur. Kurt Busiek dans un élan de nostalgie met ses tripes à nu en étalant en de vibrant trémolos, son amour des comics Marvel depuis leur naissance. Pour ce faire, il a trouvé un le compère qu’il faut: le peintre Alex Ross qui offre un rendu « photo-réaliste » à nos guignols costumés préférés. Le résultat est ce qui pourrait être le film de la saga Marvel. Une oeuvre qui met à genoux par la sensibilité et la sincérité de l’écriture rendue par l’émotion du dessin magique, à la fois classique et peint. La trouvaille qui met définitivement à part « Marvels » des autres productions de la « Maison des idées », c’est le point de vue quasi sociologique de l’Amérique de la grande époque présentée ici. Nous suivons pas à pas la carrière d’un journaliste qui va assister à l’explosion de la science folle du xxième siècle , voir naître tous les super-héros les plus emblèmatiques de cet univers, et c’est à travers ses yeux qu’on assistera à tous ces prodiges que sont la création des vengeurs, la naissance de la première torche humaine, la résurrection de Captain America, l’apparition des mutants, les premiers combats des quatre fantastiques et la cabale des journaux contre Spider-man. Préfigurant de manière résolument moderne tous les comics qui « peoplisent » les héros (X-statix, Wildguard, Powers, Noble causes), Les auteurs jouent avec les métaphores pour faire une leçon d’histoire où seconde guerre mondiale, folie de la science, spectre du communisme, médiatisation et recherche du bonheur des hippies sont habilement remises en contexte avec un beau travail de reconstitution (certaines restitutions de planches originales sont magnifiques, notamment pour les FF). Hommage vibrant à tous les amoureux du « golden age » et « silver age » du comics, « Marvels » se termine significativement par la mort de Gwen Stacy la petite amie de spider-man à l’époque, c’est la mort de l’innocence, d’une époque. Et c’est sur cette note presque douloureuse qu’on nous plante là . Plus jamais personne ne pourra jamais plus mépriser un vieux comics marvel après ça. L’heure de s’incliner face aux « Merveilles » que le monde a à nous offrir est enfin venue. Une réplique: Les Marvels n’étaient pas là pour gagner le respect des médiocres. Mais pour sauver les innocents. Les gens comme Gwen.

LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES (Alan Moore-Kevin O’Neil/Comics USA): « Il n’existe pas de mauvais personnage, il n’existe que des mauvais scénaristes. » Voilà la déclaration courageuse d’Alan Moore, véritable Midas du 9e art pour quiconque un chouïa versé dans la bédéphilie. Parmi la pléthore de ses oeuvres où il serait bien mal aisé d’en détecter une qui soit médiocre (mais le spéléologue que je suis a trouvé « Violator »), j’ai voulu sélectionner la plus besogneuse. La somme de travail qui en amont a été nécessaire pour la réalisation de la « Ligue » fut sans nul doute colossale. A l’instar d’un kim Newman qui avait, dans sa trilogie vampirique mélangé évennements rééls et de littératures jusqu’à construire une véritable généalogie des vampires, Moore utilise « l’intertextualité » des euvres de Jules Verne, H.G. Wells, Jonathan Swift, Bram Stoker, Conan Doyle, Edgar allan Poe et j’en passe afin d’édifier un univers cohérent, où seul maître de la continuité, il fait se renconter les plus grandes icônes des romans du XIXème siècle. Il serait vain d’énumerer la liste des références aussi presitgieuses soient-elles car là n’est pas vraiment le propos de Moore qui se posant en véritable historien apporte un réflexion sur les Mythes héroïques dans la fiction populaire. Songez qu’avec la « Ligue » nous voyons les ancêtres des « univers partagés » des comics Marvel ou DC. Au delà de tout ça, Moore et O’Neil brossent une aventure palpitante empruntant leurs tics à ceux de l’époque qu’ils décrivent, et délivrent ainsi le message que seuls de grands auteurs savent se fondre dans le style d’autrui sans rien perdre de leurs ambitions. Mauvais scénariste? Alan Moore n’est certainement pas l’un de ceux là. Une réplique: Quatermain: La révolte Mahdi est un exemple de la complaisance britannique. Nous avons fait la guerre à une culture sans la comprendre…et nous nous sommes fait massacrer.

LEGENDES DES CONTREES OUBLIEES (Bruno Chevalier-Thierry Ségur/ Delcourt): L’école Franco-Belge chie les bds d’ « héroïc-fantasy »plus vite que la lumière, et parmi elles, quelques-une ont retenues l’attention du public comme la légendaire « Quête de l’oiseau du temps » mais il ya un je-ne-sais-quoi qui ne m’a jamais scotché. Ces saga sont toujours d’une tristesse et d’un fatalisme qui sied mal au mondes faits de merveilles et de prodiges. Et puis il y a celle-ci. Débutant en toute modestie par des auteurs qui cachetonnent dans « Cassus Belli » avec les gags de « Croc le bô », l’intrigue nous entraîne à la suite d’une équipée de Nains tous droits sortis de la tête de Tolkien, à la recherche de leur roi disparu dans le nord. Ils ignorent malheureusement qu’ils sont les jouets de puissances aussi omnipotentes que mesquines qui s’opposent depuis des siècles dans l’ombre emportant dans leurs conflits les destins des hommes. Fort de ce caneva à la fois simple et efficace, les auteurs ne prennent aucune facilité du genre: « on va mettre une rousse aux gros nichons ». En faisant l’impasse sur le coté sexy qu’ont ce genre d’histoires, les auteurs fabriquent une vraie histoire de mecs au ton très épique. Exit également les histoires de « grandes conjonctions » et de fin du monde que les fans du genre adorent tant. La base est une histoire d’amour et de vengeance comme dans les vielles dramatugries greques qui avaient surtout vocation d’illustrer surtout des héros. Ici c’est la même chose, ce sont les personnages qui sont importants et très bien développés. Je vous invite pour vous convaincre à lire la dernière page où malgré les silences, tout est dit. En dire plus reviendrait à dire du mal des autres et ce ne serait pas sympa. Une réplique: Aren: Un poème dit ceci: « Si loin tu doit quérir, embauche un coquin et fortune à chérir il connait le chemin » la suite ne te plairait sûrement pas! Firfin: Tss. ce poème est stupide, il est nain!

SILENCE (Didier Comès/Casterman): Dès les premières case, nous sommes plongés dans l’univers très personnel de Comès: La wallonie paysanne, très éloignée de l’image habituelle de la Belgique. Un monde très petit géographiquement rendu bucolique par le crayon et infiniment mystérieuse, par les ombres que l’encre lui apportent. La wallonie aussi fascinante et dangereuse que la bretagne? Vous parlez d’un génie! Pour ceux qui l’ignorent, Comès est l’un des grands maître du Noir et Blanc au même titre que Pratt, Miller ou Snejberg. A grands coups de superstitions, de magie sombre et froide, de malédictions et de nature sauvage, Silence nous emmène dans un petit village cafardeux où les paysans fleurent bon le fumier qu’ils travaillent. Silence est un jeune homme attardé et muet, il ne peut s’exprimer que sur une ardoise. Il fait bien évidemment parti des exclus du village qui le considère comme l’ « idiot » de l’expression. Sans réaliser ce qui lui arrive, il sera l’instrument de la vengeance d’une sorcière gitane qui compte bien déterrer tous les secrets des placards des notables du hameau. Nous voilà dans une histoire sombre aux relants rances d’intolérance et des crasses de l’âme huamine. Pur entre les purs, Silence devra apprendre que ce monde n’est pas fait pour lui, amoureux de la mer et des animaux. Seul un autre paria: un Nain affreux et pervers lui apportera son soutien jusqu’au dénouement délicieux, où seule la méchanceté peut en anéantir une autre. Déjà Silence est loin de la vengeance, du mal. Plus rien ne peut plus atteindre le pur, même s’il a dû pour ça en payer le prix. Une réplique: Je m’apel Silence é je sui genti.

AYAKO (Osamu Tezuka/Délcourt): Peut on se passionner pour une sorte de « Dallas » à la japonaise? Oui, et ce pour deux raisons: La première étant que les japonais ont par leur culture épargnée par la gangrène judéo-chretienne, des tabous très différents des notres. Aussi ne leur est pas particulièrement difficile d’explorer et de mettre à nu les tourments et les vices d’une famille de riches japonais après la guerre. Trafic, argent sale, inceste, adultère et volonté de puissance sont le quotidien des Tengé obligés à céder leurs terres après les réformes agraires de 1947. Ayako, la benjamine devient vite l’objet de toutes ces intrigues. Devenue indésirable, elle sera enfermée dans une cave pendant plus de vingt ans sans voir le jour. Dans ces conditions, vous serez d’accord que c’est difficile de rester sain d’esprit. En fait rien ne dérange les japonais tant que les apparences ne sont pas en cause. La seconde raison est bien évidemment l’auteur. Osamu Tezuka est un narrateur qui ne connaît jamais le repos. il compose ses scènes pour qu’elle soient à chaque fois le plus efficaces possibles. Ainsi, impossibles d’oublier la folie de certaines pages, dont les sous entendus font froid dans le dos. Horizontale, verticale, photo-réalisme, caricature, métaphore, la mise en scène explore toutes les possibilités de chaque idée avant de la presser au maximum sous le pinceau du « Dieu du Manga » qui plus que jamais mérite son titre , véritable inventeur et déffricheur de codes graphiques dans le laboratoire bouillonant de son art. Les images restent gravées dans le cerveau et je cite pour mémoire le chapitre de la « Chrisalide » dans laquelle Ayako grandit, devient adulte et une très belle femme au demeurant. Comparée au papillon, elle en possède un temps les atours sous nos yeux voyeurs d’entomologistes malades. une révélation! Une réplique: Sache que j’ai consulté les registres de la famille. Eh ben c’est pas une généalogie qu’on a, c’est un cloaque!

Il y a probablement certaines omissions qui ne manqueront pas de vous surprendre. Très peu sont volontaires mais je n’ai pas voulu citer Taniguchi que je n’ai jamais lu mais qui fait l’admiration des pédants, Maus me paraît suspect, Watchmen particulièrement daté et sa fin, pas à la hauteur de sa réputation, et Blake et Mortimer n’est qu’une anti-thèse de ce que doit être une Bande-dessinée. Malgré cela je suis surpris de constater que je n’ai pas parlé de Franquin, Will Eisner où d’autres encore…

Mon esprit reste ouvert et curieux, curieux de connaître les remarques éventuelles que vous pourriez me faire parvenir.

Vos commentaires sont les bienvenus à l’adresse suivante: eddyvanleffe@free.fr. J’y répondrai, c’est promis!

Eddy Van Leffe

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Eddy Écrit par :

2 commentaires

  1. 28 septembre 2011

    Quelques inconnus pour moi dans cette liste, Monster va sans doute rejoindre ma liste des lectures à faire d’urgence ! Je me permet de compléter la présentation des Légendes des Contrées Oubliées par ma propre critique

  2. 28 septembre 2011

    Merci de ce gentil commentaire, j’ai rédigé cet article il y a longtemps. C’était censé donner envie de lire les titres.
    Je viens de visiter ton site et compte bien y retourner désormais.
    Eddy

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