MASOG: ZE DOSSIER ROCK N’ROLL PART 3: OUÏ ROCK YOU

Aah le temps glorieux du lycée! Cette jeunesse pleine de fougue à  jamais gaspillée à écouter ma petite radio. D’abord canal 9 jusqu’à sa suppression par le CSA puis Ouï FM (102.3), la station où je forgeais ma culture musicale, là où j’explorais cette gigantesque galaxie rock en engouffrant tout ce que je pouvais comme classiques. Imperméable au rap, à Dance machine ,au grundge et toute la mierda des nineties, voilà ce que j’en ai retiré. 

U2: UNDER A BLOOD RED SKY

Si les années 80 n’ont donné qu’un seul groupe de pop/rock, c’est celui là. En pleine mouvance éléctronique, la bande à Bono(facile) fait figure de resistante avec la grosse guitare de The Edge et la section rhytmique de bûcherons menée par le bassiste Adam Clayton (Ecoutez New year’s day) et le batteur Larry Mullen Jr (écoutez Sunday…).Car si le groupe fait la différence, c’est par ses musiciens qui assurent comme des bêtes.  Rapidement, sous la houlette de Steve Liliwhite, ils allongent les tubes et les standards qui jalonneront  ces années jusqu’à la consécration Achtung baby.  Ce  petit live du début de leur carrière est la meilleure illustration de l’énergie brute que peut dégager U2 en concert. La version qui restera à jamais de Sunday, bloody sunday, sans fioritures et avec son intro et ce break jouissif. Gloria, Party girl véritables pépites et la bourrin I will follow et pour finir le mythique New year’s day indémodable. Même pas quarante minutes, mais on sent la sueur, les tripes qui ont parfois disparu depuis sous les nappages de Brian Eno. Oui voilà le groupe à poil, sans artifices et diablement grandiôse avant les grand messes granguignolesques des années 90. Une date pour le rock, une date pour le live.

à défaut: The Joshua tree par U2

DAVID BOWIE: THE RISE AND FALL OF ZIGGY STARDUST AND THE SPIDERS FROM MARS.

Que le glam rock soit! Et le glam rock fût! Ainsi parla le prophète David aux jeunes qui s’étaient ainsi amassés au Madison square garden! Et le public lui répondît: Chante nous encore la bonne parôle, et conte nous les aventures de Ziggy, l’alien. Et la jeunesse devînt humanité, toute acquise à la voix de David et la guitare de Mick. Ainsi soit il! L’album commence en douceur par un Five minutes qui part crescendo jusquà ce que le voisin vous demande de baisser le son, Rapidement Moonage daydream envoie la première cartouche d’un salve d’un rock stellaire, évaporé en même temps que mordant. La dernière minute de la chanson touche au sublime dans le délire. Vient ensuite le tube Starman (He’s a starman and he’s waiting in the sky, He’d like to come and meet us, but he thinks he’d blow our minds) installant rapidement son personnage-fil rouge- de funambule extra-terrestre partant à la rencontre d’une humanité à la recherche d’un nouvel élan. Plusieurs actes de conte se déroulent encore, comme la chanson Ziggy Stardust autre classique indémodable. Puis c’est l’apothéose Suffragette city envoie un boogieendiablé qui colle la fièvre. enfin retour au calme, un peu comme un bonus backstage sur une chanson dont le ton fait écho à la première: Rock ‘n roll suicide qui bien que funèbre porte en soi les germes de l’espoir: « You are not alone » nous crie ainsi Bowie. Pour finir , difficile de faire l’impasse sur l’aspect visuel et mis en scène de Bowie qui empruntant au théâtre, au mime fait entrer le rock dans l’ère du spectacle. Sans lui Pas de Rammstein, pas de Lady Gaga, pas de New Wave. Rien en somme…

à défaut: Aladdin sane par David Bowie

AC/DC: BACK IN BLACK

En 1980, on ne donnait pas large de l’avenir d’AC/DC, ces derniers venant de perdre Bon Scott, leur chanteur à la fois sensuel et showman accompli. Lorsqu’ils le remplace par la sorte de pillier de Bar qu’est Brian Johnson, on pensa qu’ils étaient devenu fous. Au contraire, ils ont préférré entamer une nouvelle page de leur histoire plutôt que d »évoluer dans l’idolâtrie. Car si le disque est résolument placé sous le signe du deuil (Back in black, Have a drink on me), le hard blues fait doucement place à un heavy rock seyant d’avantage au « hurleur » qu’est Johnson, tout cela sans heurt. Dès les premiers coups de cloche au ton sépulcrale, Hells bells s’impose comme un énorme tube. Back in black et Shoot to thrill font encore les beaux jours 30 ans après, des films Iron Man. Le reste est d’excellente facture, comme en témoignent Given the dog a bone, You shook me all night long ou le rigolard Rock n’ roll ain’t noise pollution. L’inquiétant virage d’un changement de chanteur après son décès a donc été miraculeusement négocié avec cet album imposant et a pu installer le gueulard définitivement. Si le groupe a deux périodes, celle ci possède dores ‘et déjà ses lettres d’or.

à défaut: For those about to rock par AC/DC

 

THE POLICE: OUTLANDOS D’AMOUR

Je suis pas, autant vous l’avouer, un spécialiste de The Police. Le groupe connût pourtant un regain d’interêt et de couverture médiatique durant les nineties grâce à la redécouverte de certains classiques, Roxanne en tête.  Le premier groupe de Sting est issu de la scène punk (si,si) et il incarna particulièrement ce bref mouvement qui tenta la collision entre le rock et le reggae, les deux mouvements protestataires de l’époque. De même que Le Clash et Jah wobble, Police a produit le meilleur du genre avec cet album. Le premier aspect surprenant, c’est qu’il s’agit d’un petit « best of » à lui tout seul comprenant Next to you(speedé) So lonely, Roxane, et Can’t stand losing you. Si la sauce prend, c’est bien gâce à Sting dont le jeu de basse énergique et la voix  haut perchée incarne idéalment le contraste voulu. Steward Copeland est un batteur survolté au bord de l’épilepsie parfois comme sur Peanuts ou Next to you et la guitare d’Andy Summers bien que discrète finalement sait se faire rétro ou agressive selon les cas? Le tout est enrobé dans une production au son carré mettant simplement le trio à l’honneur. Coup d’essai , coup de maitre, la suite fera de The Police un énorme groupe du  début des années 80, sans doute en parti grâce à cette excellente carte de visite. L’album à posséder pour qui veut savoir ce qu’est du « reggae de blancs »

à défaut Regatta de blanc par The Police

DEEP PURPLE: MADE IN JAPAN

Largement célebres pour avoir écrit le riff de Smoke on the water (Tin,tin-tin), Deep Purple nous envoie au tapis directement avec cet album live entré dans la légende. Souvent considéré comme l’un des meilleurs disques en concert de tous les temps, il convient aujourd’hui de pouvoir le juger à froid au delà de l’idôlatrie habituellement de mise. Il a un gros défaut pour moi: chaque chanson est séparée par des « blancs » cassant l’ambiance entre deux morceaux d’anthologie. Car voilà le track-listing est de niveau olympique.Ca démarre fort avec la cavalcade Highway sta r et ses étonnants duels instrumentaux entre guitares, orgues, chant, un délire. Sans plus attendre Child in time ou le choc d’une vie. Comment imaginer un seul instant en ces temps très balisés, qu’on puisse durant près d’un quart d’heure changer de tempo, passer du planant à l’agressif, au jazz, à la musique classique tout ça déchiré par des hurlements d’agonie. Un Everest et surtout le point de réference d’un nombre incalculable d’apprenti musicos. Smoke on the water vient soutenir, l’auditeur épuisé puis c’estThe mule et son solo de batterie approchant les dix minutes. Strange kind of woman continue l’hystérie avec un double solo voix/ guitare proprement incroyable. Blackmore pousse pousse Ian Gillan dans une sorte de concours pour celui qui pétera un verre en cristal en premier. S’en suit Lazy et Space truckin’ qui lui dure une vingtaine de minutes et c’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire.  La mode était aux impros à rallonge et au psychédélisme. C’est dur à écouter sur CD aujou’dhui, mais comme on ne trouve plus ce genre de folie dans la musique, il est toujours de bon goût de s’y replonger et d’écouter ses cheveux pousser..

à défaut: Made in europe par Deep Purple

THE  VELVET UNDERGROUND AND NICO

Le Velvet Underground, dans la rue ça ne dit pas grand chose à personne. En revanche dès qu’on ouvre une revue musicale comme les Inrrocks… ou Rock n’Folk, le velvet surgit sans arrêt au détours d’articles, d’interviews etc… Cité en référence par David Bowie, U2, Joy Division ou Simple minds, Lou Reed revient partout dans les conversations. La scène new yorlaise en ces années très Power Flower, se fait  bouillonnante et Lou reed, John Cale et compagnie captent à merveille cette ambiance. Sous la houlette du déjà culte mais pas encore canonisé Andy Warhol qui leur accole Nico en tant que chanteuse, on comprend très vite que l’album sera « stupéfiant ».  Le résultat est éblouissant, novateur et à mille lieues des canons de l’époque. Quelques vestiges sixties surnagent évidemment dans les Sunday morning (où les voix de Nico et Lou se confondent harmonieusement), Run, run, run et le mignon There she goes. Mais le coeur de l’album de fait fiévreux et vénéneux à l’image d’un Venus In furs lancinant, sirupeux et vicelard. L’alto électrique de Cale crisse sur le chant de Reed, intronisé d’un seul coup poète maudit. Inoubliable! Puis on plonge dans l’atmosphère aussi envoutante que dérangeante des nuits poisseuses new yorkaises. Waiting for the man et Heroïn (dont le rythme s’envole au gré du trip du chanteur) sont les sommets du méfait. On a la tête qui tourne dès les premiers accords. Captivant! Mais c’est oublier les jolies poèmes en musique que le groupe nous offrent sur un plateau sulfureux. I’ll be your mirror est une petite merveille déclamée par la voix à la fois suave et atone de Nico. Cette dernière donne aussi de la voix sur le classique des classique All tommorrow’s parties, massif, lumineux et vrombissant. La galette ici présente est donc un pur chef d’oeuvre dont l’intensité a rarement été égalée à ce jour. Un diamant perdu sur dépotoir.

à défautThe Velvet underground par The Velvet underground

METALLICA: METALLICA

Début des années 90, les radios sont noyés par la variété, le rap (qui explose) et la dance (qui explose).  Dur, dur d’être un  hard rocker au lycée. Puis, c’est l’éclaircie, un petit point lumineux apparaît à l’horizon: Le phare Metallica et cette ballade western en diable: The unforgiven. Dès lors, l’espoir renaît, les t-shirts s’ornent à nouveau d’un serpent à l’mage de ce disque, le majestueux « black album » .  Des copines se passent le CD et entre deux I Am ou Mariah Carey(oui elle est vieille en fait), écoutent Enter Sandman. Aucun groupe de Hard n’avait encore réussi celà, pas même Scorpions. Je sais , les sales petits communautaristes que sont les métalleux ont gémi sur le pacte avec le satan commercial passé par le groupe mais la vérité est tout autre. Ce disque est excellent! Cette fausse berceuse qui ouvre l’album contient l’un des riff les plus efficaces du heavy, Enter sandman devient un classique instantané. Sad but true est massif avec sa batterie de bourrin.   Puis nous voilà en pleine aventure desertique avec Whenever I may roam sautillant et pesant à la fois. Considéré parfois comme le début d’une décadence pour le groupe, (alors qu’il marque le début de leur célébrité), il est souvent reproché la présence de ballade comme Nothing else matters (au demeurant superbe) sur la galette. Et c’est là qu’on mesure la mauvaise foi des fans. Fade to black sur Ride the Lightning n’est pas une ballade peut-être? Et des chansons comme My friend of mysery, Of wolf and Man et The god that failed, c’est de la soupe à minets sans doute? Non ce disque a cassé la barraque parce qu’il troue le cul, voilà! Retour sur la fin du disque à ce son de frappe unique et puissant sur The Struggle  within qui conclut en beauté, laissant les quelques grincheux aux vestiaires tandis que le Hard rock  gagnait l’une de ses pieces maitresses.

à defaut Ride the Lightning par Metallica

JOHN LENNON: IMAGINE

Être un ex-Beatle, c’est comme être le survivant d’un cataclysme, il faut tout reconstruire, tout remettre à plat et se refaire une identité. Si Ringo s’est perdu dansles limbes, George s’est lancé dans une carrière d’abord fructueuse (All things must pass), avant de disparaître à son tour. Paul fait du Paul plus ou moins inspiré (c’est à dire du Beatles auquel il manque quelque chose). Seul John Lennon   a su envoyer des disques fiers de porter son seul nom. Imagine est un grand disque, très mature, travaillé et poli comme un galet. Phil Spector lui donnera un autre son que George Martin, plus axé sur le couple voix/piano. La chanson Imagine fera un instant oublier le poids de sa précédente carrière. Une véritable ôde à la paix, la liberté, scandée par un piano d’une lourdeur inouie, elle pourrait devenir l’hynme d’une humanité débarrasée de ses scories guerrières.  Se suivent ensuite le très country et enlevé Crippled inside, le bluesy It’s so hard, et le fabuleux Jealous Guy où il se découvre sous un jour pas très honorable. Le disque continue d’ailleurs la désacralisation de l’icône, il égratigne d’ailleurs au passage son ex-compère dans le lamentable  How do you sleep?  dont par ailleurs la rythmique est imparable. Autre petit bijou pacifiste, Idon’t wanna be a soldier cultive un son étrange et dissonnant sur une phrase chantée comme une supplique en pleine guerre du Viet-Nam (I don’t wanna die) enfin quelques chansons dédiée à sa muse dont le clowesque et très festif Oh Yoko! (in the middle of a shave, I call your name…)qui clôt  le disque avec la patate! Rien à dire, c’est du grand art et le passeport pour son auteur vers une vie nouvelle, Les Beatles sont enterrés, c’est la début d’autre chose.

à défaut Plastic Ono Band par John Lennon

LED ZEPPELIN:II

Voici l’album précurseur du Heavy metal, du moins c’est ce qui se dit. Il est vrai que le morceau qui ouvre le bal est devenue un monument du genre. Whole lotta love  avec sa rythmique, ses feulement et cete brusque attaque de batterie qui ne s’arrête plus,  a inscrit une croix sur la frise du monde de la musique. Au point qu’on pourrait presque oublier le reste du disque. Pourtant le deuxième titre , The thing that is and should not be prend le contrepied par une doucereuse mélodie et un bon refrain bien hargneux. Mais c’est en général l’album des riffs bien saignants. Celui de The lemon song ponctué de ces accoups de rockabilly, celui de Heartbreaker ou Living loving maid. On imagine sans peine la génération de guitaristes montant sur scène en fixant le public et se disant « Je suis un putain de Jimmy Page, baby! », tant le son de la gratte saturée a fait école depuis. Ensuite Moby dick (imaginez la pesanteur du truc) commence encore par un riff assassin pour terminer un solo de batterie gravé sur disque absolument dantesque. Là encore combien de vocations se sont réveillées à cette écoute? Ramble on termine tout ça en beauté. Pour finir un mot sur Thank you, titre transfuge, car quel groupe peut porter dans ses bagages un panel allant d’Aphrodite’s child à Black sabbath en passant par Simon et Garfunkel ou Bob Dylan? Vous aurez tout cela dans cette chanson. Un album hors norme, pour un groupe dépassant les frontières des genres. Unique!.

à défaut IV par Led zeppelin.

THE ROLLING STONES: STICKY FINGERS

Sans doute le groupe de rock le plus célebre. Continuellement comparé aux Beatles, ils n’ont pas grand chose en commun pourtant. Les Stones sont rapeux, terreux comme un bourbon et teigneux comme des clébards mal réveillés. Ce n’est que lorsque les ombres de la comparaison en 1970 se sont dissipés, qu’ils ont pu se révéler. Depuis Beggars banquet déjà ils s’étaient affranchis du son sixties mais c’est avec celui là qui’ils atteignent l’apogée. Depuis le riff historique de Brown sugar, groovy à souhait pour un morceau « James Brownesque », le merveilleux mais asez confidentiel Sway met à l’honneur le guitariste Mick Taylor remplaçant avantageusement le débris blondinet qui a perdu au concours d’apnée l’année précédente. L’hyper mélodieux Wild Horses est une ballade tout en grâce et You can’t hear me knocking revient au groove qui conduit tout le disque. You gotta move, poisseux, sirupeux et collant au papier rend hommage au blues dont l’album porte aussi les tonalités triomphantes. Enfin Sticky fingers catapulte la guitar slide, traînante de Taylor décidemment mis en avant comme sur Moonlight Mile ou I got  the blues. Fini les instruments bizarres, les arrangements power flower, le groupe se recentre sur ce qu’il aime, et jamais l’expression « Back to basics » n’avait pris ainsi tout son sens. A noter que le disque contient aussi le fameux Sister Morphine intense et trouble. Du grand art qui mettra les Rolling Stones en tête de tout les seventies au rayon rock, haut la main et sans photo.

à défaut: Let it bleed par les Rolling Stones

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Eddy Écrit par :

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