EDDY’S MENTAL MUD 4

Aujourd’hui, on va parler de politique les amis,

Des fois je traîne avec des gens qui « ne savent pas », des gars qui me disent : »La bd ? tu lis encore ça à ton âge » ou encore « les comics c’est des trucs de garçons pas matures dans leurs têtes avec des problèmes dans leurs sexualités. »  Puis ces mêmes individus s’en vont écouterJohnny, applaudir l’O.M,  voter Sarkozy ou encore s’avachir le cervelet devant La Ferme célébrités. (Fermez-là, les célébrités!) Ca me rappelle que la maturité est une notion très subjective.

Bref, je promenais mes pieds à cotés de ceux d’un de mes frères bipède qui me lança:

– Les comics sont de droite, le coté superflic, « faites la justice vous même », la racaille doit disparaître, c’est des notions de droite. J’aime pas les super héros, c’est réac!!!!

– Tu déconne, ça dépend du personnage et de l’auteur…

– Batman est de droite!

le ton péremptoire, sec et n’invite pas à la discussion. Mais la déclaration me donne à réfléchir:

Bruce Wayne vient d’une famille riche, mais d’une richesse ancestrale et instituée.  Le père, entrepreneur et médecin philanthrope, est l’incarnation de la régulation mythologique américaine de la société, à savoir que les plus riches prennent soin des plus pauvres tous humains et pétris de bons sentiments qu’ils sont. Bruce hérite donc de valeurs humanistes, mais est naturellement condescendant envers les classes les plus défavorisés. Il aura beau avoir une sincérité sans faille dans sa lutte contre le mal, il ne saurait en être autrement.

Le meurtre de ses parents le traumatise profondément, et exacerbe méchamment son besoin de justice social dans un mélange de piété/fétichisme  filial et de recherche de revanche sur la vie. Cette énergie ne peut être canalisée qu’en devenant un vigilant brutal . Vestige du paternalisme économique le jour, il devient la nuit une sorte d’ icône de la justice faisant peur au criminels, poussant le cérémonial jusqu’à les prévenir de sa présence au moyen d’un signal dans le ciel. Car Batman est  fou. Ritualisé à l’extrème ( il ne rend justice que la nuit et forge des armes à son image), le chevalier noir se soigne personnellement  en accomplissant son action qui ne lui inflige que des douleurs (deuils répétés qui ne guérissent jamais). Il devient une caricature  de l’idéal de ses parents, souffrant pour les plus pauvres.

Le personnage de Batman englobe les valeurs souvent reconnues de droite: Le paternalisme bienveillant, Une justice violente et policière et un coté religieux d’un homme qui fait voeu de porter les souffrances de ceux qu’il ne connaît pas (le fameux prochain) en suivant un protocole quasi- sacerdotal. En un mot le fric, la matraque et la peur (n’oublions pas que la religion est la métaphysique du bourreau*). Certains pourraient crier au scandale de voir ainsi catalogué leur personnage préféré, d’autres pourraient s’offusquer par ma simplification outrancièrement grossière d’ une branche politique. Tout de même il reste que dans  le monde en deux dimension de la bande dessinée,  Batman porte manifestement à droite. Heureusement le monde de la fiction est  moins politique que l’on voudrait nous le faire croire et la couleur (supposée) du personnage est loin de le qualifier pleinement car comme je l’ai dit plus haut: Batman est fou avant tout!

* Nietzsche.

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