CLAREMONT: THE BEST AT WHAT HE DOES

Un jour je le sais je lirai sur une tombe:

R.I.P.

CHRIS CLAREMONT

scénariste des X-MEN

1975-1991

Or si j’ai un jour pris la plume pour écrire des histoires de super-héros (et autres) c’est grâce à lui.

Si je lis encore du Marvel, c’est grâce à lui.

Si je suis allé voir les films sur les X-MEN, c’est grâce à lui.

Papy Claremont comme certains l’appellent affectueusement, n’est plus en odeur de sainteté chez les fans, il serait même considéré comme has-been, l’ombre de lui même, ringard et j’en passe. Rendu obsolète par toute une génération d’auteurs britanniques déments, il peine à sortir encore aujourd’hui tout cardiaque qu’il soit 1 comics et demi par mois. 

Quelques membres de la tribu des jeunes (ceux qui lustrent encore leurs beaux cheveux sans un atome de gris) semblent même penser que CHRIS n’est qu’un x-scribe comme les autres. Or avant sa tenure, les élèves du professeur XAVIER n’étaient RIEN. Rien  dans le coeur des lecteurs, rien dans les ventes, une  étrange omission même sur le CV des auteurs.

On connait depuis l’histoire, on a filé la série à des second couteaux, ils ont pu faire un peu ce qu’ils voulaient et paf: le PHENIX, WOLVERINE, ROGUE, MAGNETO réscapé des camps, une VRAIE métaphore sociale, et une publication sophistiquée qui évoluait selon une trame à travers les années (rappelant le phénomène littéraire de la COMPAGNIE DES GLACES DE G-J ARNAUD sur plus de 80 volumes) qui fit  un quasi sans faute pendant seize ans. Non les amis, CHRIS CLAREMONT a « créé »  les X-MEN . Ce qui tend chez moi a considérer toute histoire de notre ami comme CANON et cela même quand je n’adhère pas (GENOSHA, Le seuil du péril…). Aussi vais-je me pencher sur ses  retours succéssifs et tenter de faire un tri parmi les innombrables histoires  que le père CHRIS a réussi à imposer depuis. Que restera t-il de tout ça? que faut-il en retenir?

N’oublions pas que derrière la langue de bois, et autres politesses, X-CHRIS avait très mal pris son éviction des x-men en 1991 par BOB HARRAS. Il tenta de se dérider chez Dark horse avec une série ALIENS contre PREDATOR , puis chez DC en lancant une sorte de « creator owned »: les SOVEREIGN 7 dont pitch était très prometteur, mais au bout de 36 épisodes, tout le monde jette l’éponge et Chris revient à Marvel.

claremont le retour 1

Mais Chris voudrait reprendre là où il était. Malheureusement les franchises x-men ont beaucoup changé et se sont progressivement enfermées dans une logique de crossovers annuels rendant très difficile un retour sur les intrigues en cours. Il signe donc un run très court et très anecdotique sur WOLVERINE, histoire de se remettre en jambe puis s’oriente vers les FANTASTIC FOUR à l’occasion du « retour des héros » (sorte de remise à zéro du compteur après beaucoup de délires éditoriaux). Là encore, il n’y fait qu’un bref passage avant de passer réélement aux choses serieuses avec la campagne REVOLUTION chez les mutants. La volonté est claire, Chris veut tout redémarrer et change radicalement la donne avec des nouveaux adversaires (LES NEO) dans un climat éditorial à vau-l-eau . Il doit intégrer les crossovers MAXIMUM SECURITY et le succés du film éponyme qui prend tout le monde de cours (à l ‘époque, on prédisait un flop). Ainsi Claremont qui a besoin de temps pour mettre toutes ses intrigues en place, livre un travail confus, brouillon terminant en queue de poisson puisque les grands pontes de Marvel  ont décidé de recoller au film visuellement . Claremont est donc débarqué sans ménagement au bout de 9 mois après ce qui sera sans doute l’un des pires échecs de sa carrière. Il introduit tout de même en catimini un futur fil rouge: les  livres de DESTINEE et un personnage dans la veine de ce qui se faisait au moment de la création des nouveaux X-MEN en créant NEAL SHARRA qui vient de l’INDE (hommage au coté pluriracial de l’équipe). Dommage qu’il ait un charisme de loutre.

 Le nouveau gourou Marvel s’appelle JOE QUESADA et repêche le parrain des mutants sans doute par estime ou je ne sais quoi pour lui offrir un petit « coin  de liberté » avec une série X juste pour lui (il referra plusieurs fois la même proposition, surprenant quand on voit le coté sans pitié de certaines de ses décisions). 
Chris lance alors avec son nouveau partenaire privilègié Salvador Larroca (avec qui il a travaillé sur FF et UNCANNY X-MEN) X-TREME X-MEN, série en marge des titres phares.

LES LIVRES DE DESTINEE

 ON commence avec panache en Espagne dans un voyage speedé au ton aventureux. L’histoire ne nous distribue pas trop d’intrigues à rallonge comme l’affectionne l’auteur, trop accaparé par le rhytme de gallop qu’il impose aux personnages. Ces x-tremers cherchent à rassembler les mémoires de DESTINEE (une mutante voyante décedée) qui semblent contenir la clef de l’avenir mutant. Ils rencontrent sur leur longue route ( ESPAGNE, HONG KONG, MADRIPOOR, LA TERRE SAUVAGE, L’AUSTRALIE) VARGAS ayant lui aussi des raisons très personnelles de vouloir percer les mystères de son avenir. La force de la série est donc une certaine fraicheur retrouvée avec une certaine grâce (Larocca sait être très glamour). Malheureusement tous les personnages intoduits sont pâles: Red Lotus (sorte de shang-shi), Slipstream  (un connard qui fait du surf, savérant être un gros connard avec ses pouvoirs) et Lifeguard sa soeur qui seule parvient à attirer quelque empathie avec un pouvoir original (son corps s’adapte à la situation afin de pouvoir faire ce qu’il faut pour sauver des vies). Des intrigues amoureuses sont esquissées avant d’être purement et simplement bazardées. Les seul trucs qu’on retient c’est qu’on récupère Gambit au passage et que Rogue contrôle de moins en moins ses pouvoirs la rendant un peu métamorphe.

LA BATAILE DE MADRIPOOR

De deux choses l’une, Claremont savait d’instinct qu’il allait dans le mur ou alors un éditeur perspicace lui intimé l’ordre de redevenir « raccord » par rapport au reste de la ligne X qui connait un succés et un boulversement radical sous la pume de l’écossais fou qu’est Grant Morrisson. L’auteur alors livre tout pèle-mèle dans un gigantesque arc. L’hisoire? un dictateur militaire, sorte de César extra-terrestre nommé KHAN tente de se servir de Madripoor comme ancre pour ajouter notre planète à sa collection. Simple et classique  mais il s’en sert pour redéfinir l’équipe qui fera la suite de la série. il clôt également de façon abrupte et incongrue les plots des Livres de Destinée et fait table rase de tout ce qui avait été le point de départ des X-treme X-men. Malicia a du mal à gerer ses pouvoirs? Elle les perd. ses Nouveaux persos ne plaisent pas? ils diparaissent. Malicia, Gambit et Ororo sont bléssés  Attention Claremont n’est pas un tâcheron et laisse des portes ouvertes derrière lui mais ça n’empèche pas une impression de « Hop, hop, boum,boum! ». c’est la fin d’une époque car toutes les idées de Chris retombent avant de décoller, et son envie de voyager, de faire du space-opera et de la SF dans les x-men se retrouvent injustment hors contexte. Ses X-men ne sont plus et ils faut revenir à une imagerie social et politique qui sied mieux à notre époque. La preuve dans l’épilogue, nos héros reviennent à l’école et se voient s’offrir l’uniforme maison. Où est le rêve de xavier? plus dans les étoiles en tout cas.

SCHISME

Alors que le vieil homme pourrait déposer les armes, il grogne une dernière fois. il intègre l’univers que ses déscendants lui donnent, et prends le contrepied en abordant des thèmes matures pas très exploités chez Marvel. Il remet tout à plat en une mini série intitulée « X-posé  » :  Si Charles Xavier fait son coming-out mutant et transforme son école en un lycée très fréquenté symbolisant l’émergence d’une nouvelle culture mutante à l’esprit rock n’roll, les X-tremers décident de s’expliquer à la presse dans un documentaire-vérité. Quand Morrisson décide d’éffacer la « race humaine » en quatre générations, Claremont réinsiste sur la nécéssité de cohabiter et de partager la planète. Là où la tendance actuelle se fait complaisamment communautariste, le père Chris reste fidèle à son message de base d’égalité, déchange, et de tolérance. Naïf me direz vous? Oui et non puisque les héros sont dépassés pas les évennements tout en tenant bon malgré tout. De Plus ils sont trahis de l’intérieur le documentaire étant saisi par X-corp, sortre d’organisme affilié à Xavier gérant les droits des mutants à travers la planète. la Maison X commence à fonctionner comme une mafia et cela sonne les glas de l’unité. Lorsque Bishop et Sage voulant enquêter sur une série de meurtres sur des humains découvrent que l’assassin est couvert par Xavier  dans son école, le divorce des philosophies est consommé et les X-tremers retrouvent une nouvelle vocation en marge, celle de casques bleus du monde mutant. Ils se découvrent également un nouvel énnemi en la personne d’Elias Bogan dont les motivations restent floues mais qui fait parti du  passé de Sage que Claremont continue de developper intelligement. une vraie secousse pour la série et un vrai démarrage plus hargneux et efficace.

 

DIEU CREE L HOMME  DETRUIT II

Marvel adore mettre des batons dans les roues de Chris. Pour faire enrager notre scénariste préféré, Marvel mute salvador Larroca sur une autre série et lui colle Igor Kordey qui se prend tous les lettres d’insultes dans le courrier des fans pour ses fill-in sur la série New X-men. De plus on lui impose une suite à un Graphic Novel qui sert canevas pour le film X-MEN 2.  Néanmoins, chris s’en sort relativment bien en misant sur l’action et sur le retour de kitty, personnage particulièrment bien écrit par l’auteur. L’histoire est un intermède dont la série se passerait volontiers mais qui prend le temps de developper les personnages d’avantage. Ororo qui a du mal à récuperer des blessures qu’elle a eu deux arcs auparavant, Sage et Bishop  s’installent dans leurs rôles de Mulder et Scully du monde X. En guise de séquelle de l’histoire d’origine, on a droit à un autre illuminé mystique mutant faisant face à Stryker l’humain. Les contraires s’affrontent et démontrent l’absurde de leurs logiques aveugles et violentes. c’est une des thématique qu’affectionne Claremont qui nous est ressérvie dans une exercice imposé relativement bien exécuté. Il est amusant de remarquer de ci de là des clins d’oeil au film X-MEN 2 dans le déroulement de l’intrigue pour faire « raccord ». Ainsi Lady DEATHSTRIKE devient le sbire de STRYKER et Ororo dans une course poursuite dézingue en vol un premier poursuivant avant de se laisser prendre par le second. il faut aussi sauver la vie d’enfants mutants . Rien n’est pareil comme si’on avait donné un bout de script sans trop en dire. On est dans l’impro la plus totale 

 

INTIFADA

Pour le coup, on rentre (enfin) dans le vif du sujet. Sur la cote ouest existe une localité où les mutants vivent avec les humains en harmonie. Malicia et Gambit se sont d’ailleurs installé là afin d’y récuperer un peu. Evidemment cette utopie (mais non pas Utopia!) cache un réalité plus grise. X-corp l’association internationale de Xavier veille à ses interêts en installant de plus en plus de mutants dans le secteurs. il en faut donc peu pour que quelques individus peu scrupuleux ne cherchent à chasser tout simplement  les simples humains par la force ou l’intimidation. Les mutants colonisent et n’obéissent pas aux critères de la loi habituelle.  Le paralèlle dréssé par Claremont est on ne peut plus clair et critique sur les dérives communautaires des mutants. Les voilà représentés sans foi ni loi, colonisateurs. Cette fois, il n’ya plus de costumes ou presque. On est dans la réalité crue, l’idéaliste pacifiste laisse place au dénonciateur de l’injustice, des préjudices occasionnés aux individus. Pour rendre son propos encore plus transparent, le scénariste laisse le micro à Marie D’Acanto, une humaine victime d’une agression de mutants. Elle perd toute sa famille et devient une terrorriste presque malgré elle, les x-tremers voyant en elle le reflet déformé  de leur propre vécu, la prenne sous leur aile et confirme leur vocation de « pacificateurs ».  Ils parviennent à leurs fin dans une moindre mesure comme dans le monde réel, La culpabilité des responsables est établie, des consciences s’éveillent mais la justice n’a pas vraiment tranché. Cependant, l’idée de constituer un force de police officielle mutante fait son chemin. Histoire amère, Intifada constitue à mon sens le point d’orgue de toute la série. l’épilogue est glaçant pour du Claremont. seule ombre au tableau, on voit mal l’interêt qu’a Bogan à intervenir là dedans mais bon…  

 

          L ARENE

intermède plaisant, l’histoire était prévue pour être un graphic novel, puis une mini série et enfin a été rattachée à la série principale venant une fois de plus plomber le rhytme général. Sous le prétexte de donner une première mission aux nouvellement formé X’SE (police mutante), Ororo part en mission démanteler tout un réseau de combats mutants clandestins. Cela se passe à Tokyo, là encore une excuse pour ressortir YUKIO avec qui Ororo a une relation ambigüe (mon oeil d’ailleurs). Là encore Claremont nous décrit une Ororo déchirée entre son rôle responsable et limite robotique de leader mal assumé  des X-men et son besoin éffréné de liberté absolue et le fait qu’elle sublime les carcans de n’importe quelle société. Le trio qu’elle forme avec YuKio et Callisto dans un contexte de gladiateurs est chargé de tension sexuelle (Pour moi, Claremont a toujours fait de STORM un personnage bisexuel et libre en amour, je ne la vois pas s’attacher à une seule personne)Si on y réfléchit on aurait sans doute dû laisser le format graphic novel et donner cette histoire là à MANARA. Il en aurait fait sans doute un comics historique,non pas par son histoire mais par le ton qu’il aurait donné à l’affaire. Sinon l’interêt dans la série? Anecdotique!

 

        PRISON DE FEU

On revient à nos moutons, les X-tremers se reposent mais se font attaquer par les mutants délinquants (vus dans INTIFADA), impunis, shootés au kick (drogue qui booste les superpouvoirs)et manipulés par BOGAN  qui est en fait une sorte de collectionneur de mutants fondateur du Club des damnés (les franc-maçons façon mutants). Il a perdu Sage au cours d’un pari et se venge d’elle.  Ca fait maigre comme canevas pour conclure une histoire. Il agit par Télépathe interposé sans jamais vraiment apparaître. Tout le sel de l’histoire vient que Claremont connait ses personnages (il les a quasiment tous crées) et qu’il les fait vivre sans tomber dans le mode d’écriture automatique. Il séquence bien son histoire avec flashback (pour Sage), équipe divisée dont l’une servira de diversion. Une stratégie qui prête à sourire mais dont on vit le déroulement en direct et sans temps mort. Un retour innatendu et bien géré. Une conclusion qui prend son temps pour ne pas être baclée. Bogan pourrait réapparaitre sans faire tache au milieu des SINISTRE, et autres vilains moyenne gamme des X-men.

Au finish, une force de police mutante est née, porteuse d’espoir, le statut des mutants évolue surtout au niveau de l’implication qu’ils ont au niveau de la société en elle même. On sent que Chris veut intégrer ses mutants aux humains et à la réalité. Des personnages ont une nouvelle résonnance, Sage et Bishop forment un binôme savoureux, Ororo cache des blessures physiques qui ne sont pas forcément sans lendemain (voir X-MEN LA FIN). Kitty est de retour dans la course et annonce en filigranne la femme politique de que Chris veut la voir devenir (Voir X-MEN LA FIN), MALICIA et GAMBIT reviennent également changés, plus stables et plus adultes. Bref on sent qu’ils sont prêts à ce qui les attendent.

Pour conclure sur X-TREME X-MEN, c’est une série honnête qui n’a pas la cohérence qu’elle aurait dû avoir. On sent que le monde de l’édition est un broyeur d’auteurs, c’est palpable et cela impacte énormément sur la qualité des intrigues. Claremont passe plus de temps à sauver ses idées, les remixer et à obéïr à des directives très tranchées (On lui enlève un personnage au bout de trois épisodes) qu’à raconter de vraies histoires. Il faut ajouter à cela une césure thématique et graphique (Larroca qui passe la main à Kordey, c’est brutal) qui casse la série en angle droit. Les adeptes de la première partie ne seront pas forcément conquis pas la seconde et vice versa. Pour ma part si je trouve le début enjoué et glamour, c’est à partir de l’épisode 18-19 que ça décolle vraiment. Kordey loin de démériter donne un coté organique qui lui manquait peut-être jusque là.

INTIFADA est sans doute la meilleure histoire que Chris écrit depuis son retour, en fin de parcours, ce bon vieux diesel nous refait sa bonne vieille magie. Je sais que d’aucuns ne seront pas d’accord mais l’intention de cet article était clair depuis le début. J’espère toutefois n’avor pas été trop confus. Résumer des comics de Claremont qui plus est, n’est pas une mince affaire.

une suite aura lieu sur les uncanny Xmen puis sur les diverses mini de Chris qui pourront être considérée comme son testament mutant.

a bientôt

Eddy

 

 

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